Ivan de Nîmes

"Faut pas croire" : Ivan de Nîmes*

"On voudrait comprendre mais Ivan n’est pas bien bavard. « Faut pas croire »
assène-t-il à tout bout de champ, rire d’autodéfense et poings serrés. On pressent
quand même du vernis sur des cals : toutes ces couleurs seraient un baume, des
surcouches pour faire croire, mais en dessous c’est tout noir. C’est ça Ivan ? Pas de
réponse. Faut pas croire. C’est plastique et destroy. C’est signé et saignant. S’y
côtoient Jésus éclairant le monde, un führer qui dégueule, des femmes lèvres grandes
ouvertes et des nains sur piédestal. C’est omniphallique et orgiaque, de la couleur un
peu partouze. Ivan a des trucs à dire mais il n’est pas bavard. C’est donc ça ? « Faut
pas croire », suggère simplement Ivan. Il faudrait juste ouvrir les yeux et s’en prendre
plein la tronche car au nom des pouvoirs qui lui sont conférés, Ivan dézingue et c’est
à prendre ou à laisser, c’est brut et sans pilule. Et si ça fait mal, lui ça lui fait du bien.
Faut pas chercher très longtemps la faille avec Ivan : on est en plein dedans et on
dégringole. Du plomb authentique, des Mickey et encore des nains, on est
bringuebalé entre la guerre et l’entertainment. Le baiser qui tue. « Faut pas croire »
mais faut surtout pas craindre. Il s’en passe des trucs dans sa tête, ça cabosse dans
la caboche, on se dit qu’il fait bien d’en donner un peu aux autres, ça exploserait là-dedans,
ça flingue. Ça sérigraphe et ça sérigraffe, c’est pas fait pour ton salon !
Quoique, faut pas croire : Ivan est tout en noir, mais il a des couleurs plein les mains".

Vincent Duquesne, un ami de l'auteur...

 

*Ivan Carcenac